Créer une entreprise en France implique de suivre plusieurs étapes administratives et de choisir un statut juridique adapté à son activité. Que l’on soit entrepreneur individuel, investisseur étranger ou futur dirigeant de start-up, il est essentiel de comprendre les règles du jeu : types de structures disponibles, formalités à respecter, obligations fiscales et choix du siège social. Si la création d’une société est aujourd’hui simplifiée grâce à la digitalisation des démarches, elle n’en reste pas moins encadrée par des normes précises qu’il vaut mieux anticiper.
Avant de lancer votre activité, mieux vaut donc connaître les fondamentaux. Ce guide propose un tour d’horizon complet des différentes formes juridiques, des conditions de constitution, et des étapes indispensables à toute création d’entreprise en France. Il s’adresse aussi bien aux entrepreneurs français qu’aux porteurs de projet étrangers souhaitant s’implanter sur le territoire.
Quelles sont les étapes incontournables pour créer une société ?
La création d’une société en France repose sur un ensemble de démarches juridiques et administratives. Tout commence par la rédaction des statuts, un document fondateur qui précise le fonctionnement de l’entreprise, les apports des associés, la répartition du capital ou encore les modalités de direction. Cette étape est obligatoire pour toutes les formes sociales (SARL, SAS, SA, etc.).
Il faut également disposer d’une adresse de siège social en France, qui pourra être soit le domicile du dirigeant (sous conditions), soit un local commercial, ou encore une domiciliation via une société spécialisée. Une fois les statuts signés, l’entreprise doit ouvrir un compte bancaire pour y déposer le capital social, ce qui permet d’obtenir une attestation de dépôt des fonds.
Les formalités se poursuivent avec l’immatriculation auprès du Registre du commerce et des sociétés (RCS), via le guichet unique géré par l’INPI depuis 2023. L’entreprise reçoit alors un numéro SIREN, un extrait Kbis, et peut entamer les démarches fiscales (TVA, régime réel ou micro, etc.). Selon la nature de l’activité, des autorisations spécifiques ou des assurances professionnelles peuvent être requises.
Dans le cas d’un dirigeant étranger résidant hors UE, une carte de commerçant étranger peut être demandée selon les cas. Enfin, le recrutement de salariés implique des obligations supplémentaires : affiliation à l’URSSAF, choix d’un régime de protection sociale, rédaction de contrats de travail, etc.
Ces démarches peuvent être réalisées par l’entrepreneur lui-même, par un cabinet comptable, ou un prestataire juridique spécialisé. Des aides à la création existent également (ACRE, NACRE, Bpifrance, etc.) pour accompagner les porteurs de projet.
Enregistrement d’une succursale en France
Les entreprises étrangères sont également autorisées à opérer en France par le biais de succursales et de filiales. La succursale présente plusieurs avantages pour la société mère qui l’enregistre auprès des autorités en France.
Plusieurs exigences doivent être respectées lors de l’ouverture d’une succursale dans ce pays. Ces exigences sont :
- trouver un lieu approprié qui sera le domicile légal de la succursale en France ;
- la société mère doit désigner un représentant chargé de superviser les activités de la succursale et d’assurer la liaison avec les autorités françaises ;
- la succursale doit être inscrite au registre du commerce, ainsi qu’auprès des autorités fiscales ; -* si la société mère est enregistrée dans un pays hors de l’UE, elle doit désigner un résident français comme représentant.
La société étrangère doit préparer les documents suivants pour la constitution d’une succursale française :
- l’acte constitutif et les statuts de la société mère à traduire ;
- un certificat d’honorabilité délivré par le registre du commerce du pays d’origine de la société mère ;
- le contrat indiquant le domicile légal de la succursale en France ;
- des informations sur le représentant désigné de la branche française.
La procédure d’enregistrement d’une succursale n’est pas compliquée, cependant, le processus lié à l’ouverture du compte bancaire de la société prend plus de temps que dans le cas d’une société à responsabilité limitée, par exemple.
En ce qui concerne l’imposition de la succursale, celle-ci peut offrir plusieurs avantages fiscaux à l’entreprise étrangère grâce aux conventions de double imposition signées par la France.
Comment ouvrir une filiale en France
Ouvrir une filiale en France consiste à créer une société de droit français contrôlée par une entreprise étrangère. Contrairement à une succursale, la filiale dispose de sa propre personnalité juridique : elle agit en son nom, possède ses propres comptes et engage seule sa responsabilité financière et juridique. Ce choix est souvent privilégié lorsque l’implantation en France s’inscrit dans une stratégie durable et structurée.
Dans la pratique, une filiale est le plus souvent constituée sous la forme d’une SARL ou d’une SAS, des statuts offrant à la fois souplesse de gestion et sécurité juridique. La société mère détient tout ou partie du capital, mais la filiale reste juridiquement autonome, ce qui limite les risques pour l’entreprise étrangère en cas de difficultés.
La procédure de création d’une filiale suit globalement les mêmes étapes que celle d’une société classique en France. Elle implique la rédaction de statuts, la fixation du capital social, l’ouverture d’un compte bancaire au nom de la filiale et la désignation d’un dirigeant. Les formalités d’immatriculation s’effectuent ensuite auprès du registre du commerce, via le guichet unique.
Des documents spécifiques doivent toutefois être fournis par la société mère étrangère, notamment un extrait d’immatriculation, les statuts traduits si nécessaire, ainsi que la décision formelle de créer une filiale en France. Il est également indispensable de disposer d’un siège social en France, que ce soit dans des locaux propres, en domiciliation ou chez un partenaire spécialisé.
Enfin, selon la nationalité du dirigeant et la structure retenue, certaines obligations supplémentaires peuvent s’appliquer, notamment en matière de droit au séjour ou de représentation légale. Dans ce contexte, le recours à un expert-comptable ou à un conseil juridique local est souvent recommandé afin de sécuriser l’ensemble de la démarche.
La fiscalité des entreprises en France
L’un des aspects les plus courants de la création d’une entreprise en France concerne la fiscalité à laquelle l’entreprise sera soumise. De ce point de vue, une entreprise française doit payer :
- l’impôt sur les sociétés qui est prélevé à un taux de 28 à 33,3 % sur le revenu mondial de l’entreprise ;
- la contribution sociale qui est prélevée au taux de 3,3 % pour un impôt sur les sociétés de plus de 763 000 euros ;
- un droit d’accise prélevé au taux de 10,7 % si le chiffre d’affaires de l’entreprise dépasse 250 millions d’euros ;
- la taxe sur la valeur ajoutée, qui est prélevée à un taux standard de 20 % ; toutefois, des taux réduits s’appliquent à certains produits ;
- les retenues à la source prélevées sur les paiements de dividendes, d’intérêts et de redevances, qui seront prélevées à des taux d’imposition différents en fonction des conventions de double imposition signées par la France.







